Coup de Foudre Coup de Pompe


Est-ce 'qu'un coup de foudre est réel ? Est-ce qu'il est légitime ? Est-ce de l'amour ? ou un gros coup de pute ?
Il est arrivé au fond de mon couloir, il s’est retourné. J’ai fait un grand sourire de débile, j’étais foutue, qu’est-ce que vous voulez que je dise. J’imagine que certains coups sont vraiment je t’aime.
Il a passé la soirée à parler sur un ton dynamo. Est-ce qu’il croyait qu’il avait un vélo sous ses pieds pour le faire marcher, est-ce qu’il croyait qu’il avait besoin d’une batterie pour me maintenir éveillée ?
Il débitait des vérités fausses de terre plate, de faux couples de stars, il me disait comment faire mon travail, comment repeindre mon armoire, que ma télé était trop petite, que dans la vie il faut avoir peur de rien, il débitait et me regardait autrement, il savait piéger, s’arrêter avec le regard. Il n’avait peur de rien.
Ah ça y est, on y est.
Il n'avait peur de rien et je n'avais pas compris sur l'instant que c'était ça qui m'a collé la godasse dans la face. Il avait peur de rien. Dans l'article « Apprivoiser la mort », on en parle en détails - Ce type passait de cailloux en cailloux comme s’il jouait à chat perché, de maison en maison comme un clodo, et de pays en pays d’après ce qu’il dit, sans jamais se « prendre la tête ». Ah on y est encore. Se prendre la tête, analogie et décompression vulgaire de présence de connard à faire vérifier de toute urgence. Ne.pas.se.prendre.la.tête. Article 211, « Pas Se Prendre la Tête ». Moi je me la prends tout le temps, je la secoue sans arrêt, des trucs sortent des deux oreilles, de mes doigts, de ma langue, de mon cul et de ma peau. Je ressors les lignes d’écrits et de dossiers pour en comprendre mieux d’où viennent les tracés. Lui, il se foutait de tout, il ne connaissait plus rien, il ne connaissait plus la peur, il ne connaissait plus l’amour, le respect, la douleur, l’interrogation, la timidité, la gêne, il prenait ce qu'il voulait sans jamais laisser un regard, il avait inversé sa planète et il foutait la merde. « Je veux pas de prise de tête » est une manière de dire « je prends tout, quand je veux, je te force pas, mais je t'y forcerai ». Ces deux névrosés de Satan que nous étions se complétaient parfaitement dans un bien et un mal du paradis qui reviendront forcément en enfer.
J’ai adoré l’aimer, ne pas le connaître complètement et surtout qu’il ne me connaisse pas complètement. J’ai cru l’inverse à un moment, cru tout aimer de lui, ou le pouvoir. J’avais aucune gêne avec lui, je pensais qu’il pouvait prendre tous mes démons sans jamais en avoir peur, que le quotidien serait génial. Ça aurait pu. Et je n’ai cru qu’il n’aurait pas peur de moi. Passé ce temps des coups de foudre, il faut passer en face de la rue et avancer, il paraît que quand on traverse les rues, des trucs bien se passent. J’étais prête à 4000 sous sa dynamo de passer cette putain de rue. Lui pas du tout. Déjà le coup de foudre, il l’a pas eu du tout. Lui, il « m’appréciait », il m’appréciait comme la boulangère du coin, comme une voiture qui était sympa de s'arrêter quand il faisait du stop, il m'appréciait comme un jour un peu plus ensoleillé qu'un autre, la go un peu trop sympa qui a un « truc en plus ». Quoi, je sais plus, je devais lui filer des bonbons en plus à chaque fois qu’il passait, on sait pas ? Ce qui m’a intéressé, c’est cet état d’inconscience où je (JE) ; (lui on en a plus rien à foutre) ; où je me suis retrouvée dans mon inconscience la plus fermée et la plus coffrée en voulant être avec lui, où télépathiquement j’ai vu sous l’instant immédiat le type de gus qui avait la folie qu’il faut, le vécu, il avait donc peur de pas grand-chose, j’ai vu vraiment en cette seconde inconsciente qu’il serait une greffe parfaite pour les névroses et mon cœur. Mais je vous rassure, je ne me suis pas du tout dit ça. Je l'adorais et je ressentais tout. La musique était plus sympa à écouter, les arbres plus beaux, le sport plus sport, j'adorais me lever le matin. Je me posais pas les questions pourquoi, j'étais bien c'est tout. Mais un truc dans ma cervelle a vu quelque chose de précis chez lui. Ce côté rien à blairer.
Comment ça se fait qu’on puisse ressentir ça en quelques minutes, puis en quelques jours. C’est pas des réflexions après qui m’ont mené à ça, j’étais prise sur le champ. On a discuté un peu, mais c’est largement mes perceptions du moment qui ont fait le taf toutes seules.Scientifiquement, ils sont moins romantiques que moi. Les phéromones agissent comme des messagers entre les individus, elles créent en partie l'attirance physique. Libérées par la peau, la sueur, la salive, ces hormones informeraient les êtres humains se trouvant dans notre périmètre de notre disposition à nous reproduire (selon notre compatibilité et notre fertilité). Le côté survie de l’espèce qui, comme le dit Jean-Pierre Ternaux, neurobiologiste au CNRS, échappe au raisonnement, fait que nous sommes plus attirés par des gens possédant un système immunitaire différent du nôtre. Le but est de favoriser la complémentarité entre notre capital génétique et celui de l’autre. Ok Jean-Pierre, j'aurais voulu son gosse et Science et Avenir.com disent que cela, cette organisation hormonale peut durer 3 ans, le temps de procréer. J'étais pourtant sûre de l'aimer toute la vie, merde. L’étude de l’Université de Groningen, qui s’intitule « What kind of love is love at first sight? An empirical investigation », publiée dans le Journal of the International Association for Relationship Research, ouvre une autre porte pour décrypter le coup de foudre. Selon les quatre auteurs, il ne se définit pas comme de l’amour à proprement parler mais par une attirance physique très forte. Ils évoquent même la notion de confabulation. Ce trouble touche le plus souvent des personnes amnésiques. Après un choc, certaines d’entre elles peuvent inventer des pans d’une vie qu’elles n’ont pas vécue. Le même phénomène peut se traduire dans le domaine qui nous intéresse. Des individus sont plus susceptibles d’embellir la genèse d’une histoire d’amour. La mémoire se confond alors entre des éléments vécus et non vécus. Toujours selon l’étude, certains qui ont pour habitude de vendre le coup de foudre comme un idéal à atteindre favoriseraient ce genre de comportement. Le coup de foudre dépend donc de multiples facteurs émotionnels, physiques et chimiques. Il n’est pas forcément considéré comme de l’amour. L’attraction qui s’en dégage peut durer et se transformer par un lien de l’attachement grâce à l’ocytocine. Selon Curieux.com.
Ce que j’ai vu également dans un tweet : une femme se plaignait qu’un garçon la connaissait depuis très peu de temps et lui a fait une énorme déclaration d’amour. Elle s’était offusquée en disant « mais il ne me connaît pas ». Les commentaires des garçons disaient « mais t’es folle et alors ? Le pauvre, le coup de foudre et être amoureux à distance, ça existe ». On est tous d’accord. En vrai, la question de ce foutrac c’est : Est-ce qu’être amoureux en cachette, c’est de l’amour ? Est-ce qu’avoir un coup de foudre, c’est de l’amour ? Je réponds avec beaucoup d’autorité : oui. Tout est amour. J’étais amour dans ce couloir. J’étais amour quand je l’ai vu, quand on s’est embrassé pendant un quart d’heure entre Dieu et mon parquet qui faisait du bruit tout doucement sous ses Nike Air Jordan. J’étais amour quand je l’ai connu plus difficile, plus distant. Est-ce que je l’aurais aimé vraiment si je l’avais connu au quotidien, ...j’ai pas eu le droit de le savoir. Il serait horrifié de lire ça. Mais t’as été love au moment où vous l’aviez choisi, ou vous en aviez eu besoin. Il disait : « J'ai aimé ma collègue des années, j'ai jamais osé le lui dire ». Tu voulais aimer sans retour peut-être, sans jamais coincer le fantasme et la vérité. Conscience ou pas. T’es planqué derrière ton buisson au taf ou en vacances et tu vois la fille de tes rêves, l’amour existe bien entre le début de ta nuit et les moments où tu la croises, il y a quelque chose dont tu as besoin. Paff, tu partages une quiche un jour avec elle en pause, tu te rends compte que c’est une tarte. Tu l’aimes plus trop, tu fais ton deuil doucement. Mais tes sentiments étaient là, on s’en fout. On n’a pas besoin de mettre un nom à tout et de dénaturaliser tes rêves, ou les rêves que t’as eus, et c'est le jeu aussi, d'avoir envie de revoir les gens, de rêvasser un peu, d'avoir « un feeling », de voir après si ça marche. Le feeling était là même si ça n'a pas marché après. Ça annule rien, désolé. Finalement, c’est pas qu’elle serait vraiment tarte la dame, car elle l’aurait été de toutes façons.
Passé ce temps hormonal ou magique, ce qu'on voit aussi, c'est cet après : on ne se connaît pas. Il faut l'admettre, on ne se connaît pas vraiment, les perceptions hormonales et intuitives sont exactes mais bourrées d'autres secrets qu'il faut connaître, sinon on est personne. J'ai eu d'autres relations où on est restés plus ou moins ensemble, des années, ces types n'avaient pris aucun vrai moment avec moi, aucun temps de vraies discussions, mais voulaient me garder. Pour passer le temps, pour se faire croire, par peur d'être dans la vraie intimité avec quelqu'un. Et j'avais le droit à de grandes déclarations. Pendant des années. Le type n'a pris aucun moment pour nous connaître. Ce n'était pas du tout sexuel en plus. C'était des flippés de l'intime, des garçonnets effrayés par les sentiments adultes. S'ils venaient à me connaître, qu'est-ce qu'il se serait passé ? J'ai su qu'ils avaient un problème avec leurs mères, j'ai su qu'ils avaient vécu des agressions sexuelles jeunes.
Ils aimaient le début, la sensation du début et il ne fallait surtout pas me rendre réelle, me rendre vraie. Ils n'écoutaient pas tes problèmes, ils n'écoutaient pas tes bonnes journées, ils ne voulaient même pas savoir si tu préférais le blanc au rosé. Ils feront exprès de t'acter le rosé même s'ils savent que tu préfères le blanc. Après des années, ce n'était ni de l'amour, ni du respect, ni du rêve, ni du raté, c'était une névrose voulue et grave. Parce que pendant des années j'étais toute seule sur mon trottoir, sur une chaise à regarder la vie, à attendre un message, dans une illusion à deux, seule.
J’accepte plus un mec, tout comme la fille de Twitter, qui ne me connaît pas, rien à mes goûts, mon vécu. Et qui ne veut rien de tout ça consciemment justement et donc ; ose quand même me dire trop de choses romantiques. J'ai dit clairement à mon type du couloir que je l'aimais beaucoup, que j'avais des sentiments, certes farfelus, précoces, mais qu'évidemment, j'aimerais le connaître mieux (on a compris, lui c'était non).
Mais quand même, est-ce que les vrais sentiments, c'est quand on connaît « vraiment » l'autre ? En tous cas, quelqu'un qui partage votre vie et qu'en vérité il ne vous connaît pas, ça fait mal, ou je pense.
Là, on n'est pas dans l’amour, là on est avec un gars, une meuf qui restent chacun d'un autre côté de la rue, dans une image qu’il ne faut surtout pas toucher en croyant qu'ils sont sur le même trottoir.
Il est dans un fantasme qu’il se fait de vous qu’il ne faut pas admettre dans la réalité, ou pire : vous êtes avec quelqu’un qui ne vous aime pas.
Restez sur votre trottoir, gardez vos coups de foudre dans le cœur et vos coups du soir dans le caniveau, et remontez chez vous.-
by sens
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