

Il ne t'aime pas, lâche ça.
Dans un désordre affectif que je ne saurais expliquer, j’essayais de choisir entre croissant et pain et chocolat mais j’avais pas tellement le droit d’aller vers ces folies alors je suis sortie de la boulangerie. J’ai marché dans cette longue rue avec un soleil qui essayait d’écraser personnellement ma santé mentale. Mais les immeuble étaient hauts, grands et beau, j’avais le nez en l’air et j’essayais d’oublier le croissant que je n’ai pas acheté.
Dans un cirque bien rouge et bien bleu dans ma tête j’ai essayé de comprendre cette idéologie de la violence, comment on se retrouve à hésiter entre un croissant et un pain chocolat. Parce que tant qu’on dit pas « chocolatine », ça devrait bien se passer. Mais là un gars m’a laissé dans le cirque bien bleu et bien rouge. J’étais là dedans, pendant des années, à me dire que c’était normal de voir un éléphant faire du vélos avec tout un tas de meuf différentes pendant que nous, d’autres meufs différentes faisaient la queue pour monter sur le vélo à notre tour. Et comme y'a ce cirque dans ma tête, que je marche dans la rue ou que j'aille à la boulangerie, j'ai un cirque dans ma tête.
Des acrobates à costumes à paillettes se balançaient sur leurs trapèze et un clown faisait peur à tout le monde. Eux çest les pires.
Je regardais autour de moi, j’ai compris que ce monde est marrant ou peut être juste trop lumineux, mais absolument pas reel.
Je suis sortie de ma tête en cirque, j’ai oublié mon croissant.
Quelqu'un m'a mise la-dedans, quelqu'un m'a pétrée la-dedans. Ça m'est venu comme un pet l'autre jour, j'imaginais que dans la violence, résidait quand même l'amour. On m'a collé dans une limite toute fine entre la violence déclarée et l'objectivation : cette limite entre ces deux cas c'est "une objectivisation avec espoir". Je parle ici d'un entre deux où je me trouvais nulle part. Il me mettait nulle part, j'étais personne mais tout dans ses mots. Je n'étais pas sa femme, je n'étais pas une copine "officielle", je n'étais qu'un objet a déverser entre sadisme et besoin que je le vénère. J'ai dit récemment à ma soeur, "j'ai réalisé qu'on est jamais allé picrique au bord de la rivière". J'ai réalisé avec un TGV entier de retard de maturité et d'expérience, qu'on avait jamais rien vécu, qu'il me planquait, qu'il m'appelait que le soir, tard, que je n'avais plus de nouvelle pendant des semaines, que je m'éloignais la tête du cirque et des croissants, mais qu'il revenait avec un tas de paillettes, qui on ne sait pas bien pourquoi on adore. Je connaissais qu'un certain monde de lui, mais jamais le vrai. Que vivre un week-end entier ensemble, prendre un petit déjeuner, une nuit entière, découvrir un endroit ensemble...n'est jamais arrivé pendant des années. J'avais des mots, j'avais des larmes, des messages, des déclarations. Des fils qui ne se coupaient jamais. Auxquels je tenais dessus comme une pute qu'on aime, bien formée, bien formatée. J'ai normalisé les mots, mis un voile sur les actes.
J'imagine que oui, parfois les traumatismes et l'éducation patriarcale est aussi mauvaise que mêlée à de vrais sentiments. Et puis. J'ai lâché ça. Dans les cas où on refuse de retirer un père violent à ses enfants, on ne pense pas qu'un père soit gentil et "bon" avec ses enfants s'il ramasse la mère. Les juges veulent que la famille sacrée-saine, ne se délite pas. "Que les conflits soient et restent des conflits entre vous". Mais un homme violent, on se demande, pour de vrai. Peut-il aimer quand même ? Te mettre des baffes mais être sûre qu'il ne touchera jamais les goss ? Et qu'entre les coups, il t'aime un peu quand même, dans son désordre émotionnel, est-ce que c'est pas de ma faute s'il est un peu désordonné ? Non on a déjà répondu à cette question. Pas la justice, ni certaines opinions publiques mais on a répondu, c'est comme ca. Chien méchant, ne pas approcher. C'est comme ca.
Là on est chez un gars qui nous tape pas, mais qui abuse de tout. J'ai récemment lu sur un tweet (ici on l'appellera jamais X) ; que mentir et manipuler pour avoir du sexe était du viol. Je ne sais pas trop quoi penser de ca, quand ça s'applique a soi, et qu'on aime encore la personne on est un peu limité. Mais il a menti, oui, il n'était pas célibataire comme il a prétendu être, il n'avait jamais aucune intention de prendre le temps et de me demander qui j'étais. C'est ça l'objectivation, on s'en fiche de la personne, elle n'existe pas. Même lors d'une soirée, arrosée ou pas, on se fatigue souvent à faire connaissance, on rigole, on partage un moment, et bien sûre on sait un peu si on va se rappeler ou pas. On se le dit.
Une autre disait, "il m'a fait la cour pendant des semaines, on a eu des discussions, on voulait s'engager, on voulait la même chose, il m'a promis sans en dire trop. J'ai dit que je ne voulais pas m'engager sexuellement si on avait pas de sentients sûres. Il a loué un Airbnb un week-end, tout s'est très bien passé. Et il m'a bloqué le mardi matin. J'ai cru que ca s'était mal passé pour lui, que j'étais nulle ou autre, mais en fait je n'ai eu aucune explication, jamais. Je suis traumatisée de comprendre qu'il a fait tout ca pour avoir du sexe. Le pire c'est les commentaires du tweet. Et alors t'étais consentante sur le coup , il ale droit de se barrer après !" ....heuuuuuuuuu
Dans le cirque d'où je vous parle, y'a eu des tonnes de promesses, de manipulation, jamais de mots très claires, il a passé du temps à me rassurer pendant des mois. Tout était mensonges, messages vagues, entre deux : comme cette limite. Un jour, tu te dis, ca va changer, on va se bouger de là, mais en fait, tu peux pas, tu peux partir parce qu'il t'as jamais demandé de partir, tu peux pas rester parce qu'il t'as jamais demandé de rester. Il te rappelle, pour un quart d'heure. Il s'exécute, mal, en plus. Et toi t'es un objet.
Enfin bon bref. Est-ce qu'il a abusé ? Est-ce que mentir , et mentir par omission, manipuler, faire croire un peu mais pas trop, beaucoup et puis disparaitre du jour au lendemain ?
Est ce que m^me un coup d'un soir, vous avez pas de message, pour dire simplement, c'était trop cool, ravie d'avoir passé cette nuit. Et u conçues au moins avec un "je sais pas si tu aurais imaginé qu'on se revoit mais perso j'ai pas la possibilité d'aller plus loin, mais t'es géniale", ou autre quoi j'en sais rien. L'éléphant te maintiens dans un vélo du doute permanent, où enfin, un jour tu te rends compte, que t'as jamais été personne pour lui, sauf un déversoir.
T’es dans son délire traumatique à lui, tu panses son sadisme pathologique, tu panses une perversité maladive qui t’obliges inconsciemment a être attachée à lui et il te reprochera de l’être.
Il fera tout pour que tu sois un déversoir accueillant le sadisme.
Il te mettra à genoux mais toi tu crois que t’es debout.
Il te fera croire que tu fais des tours de vélo sympas mais t’es en fait suspendue dans le vide au trapèze toute seule.
Avec ce fil minuscule.
Peu importe qui vous êtes, pourquoi vous êtes tombée là dedans, comment ton éducation a été construite pour accepter ca, mais il y a bine un problème pour qu'on voit rien, ou qu'on accepte ou qu'on se dise que ça changera. Ou pire qu'on soit amoureuse de ce genre. Et en même temps lachez vous la grappe : y'a des manipulations et mensonges bien ficelés. Oui, ils tombent peut-être au mouvais moment pour vous, à un moment de fragilité ou de besoin, mais eux, ils le trouvent. Ils l'utilisent et en font ce qu'ils veulent, vous vous sur-adapté à tout, parfois vous gueulez, vous partez. La seule qui m'a fait arrêtez ces conneries, c'est de me dire, "il ment aussi, il me déteste".
Là partez de la limite ou vous vous plaquiez "il m'aime bien peut-être dans cette violence affective, il m'apprécie vraiment, il a besoin de temps, on va voir un peu". Il ne vous aime pas, pas une seconde, il ne vous connait pas, il ne vous apprécie pas, il utilise quelques chose en vous pour assouvir ses propres traumas et surtout sa haine de vous. Il se satisfait du mal.
Mettez-bien ça dans vos chocolatines.
C’est pas cette limite entre la violence déclarée
Entre un épisode d’un soir assumé
Entre un désaccord amoureux qui peut arriver
C’est un quelqu’un, qui trouble toutes lois humaines où c'est impossible de reconnaître qu’elle est la volonté derrière
Pourquoi il a autant besoin de dominer, de faire du mal, puis du bien. Cette limite inexistante qui rend tsoin tsoin parce qu’en fait ils ont besoin de nous. Ils ont besoin de garder « le lien ». D’avoir cette file d’attente, derrière un rideau rouge pas très discret, ils ont besoin de t’humilier et de te dire qu’avec toi « il y a un truc ». Ils ont besoin d'un sadisme mêlé avec le besoin qu'on aime leur ego. Je sais pas si je peux dire que j'ai été abusée, mais je me sens abusée, j'ai trop dit que c'était juste un problème, moi je l'aime bine et lui non. C'était plus compliqué que ca, c'était la limite qui te permet pas de voir.
Dans un monde un peu moins politique, un peu moins juridique, j'ai eu une compréhension personnelle que je n'avais pas encore eu véritablement. Je pensais sincèrement que dans la violence, il y avait quand même de l'amour. Que parfois on peut être maltraité, être traitée, être sur-traité, mais être aimé quand même. Entre trauma de l'autre et des uns et des autres, évidement, du sang passe. On aurait les mêmes besoins, tous, mais des traumas, tous. Alors oui, des fois la haine tombe.
On vit pas dans le monde des bisous, on a trop souffert de la violence, on part dans l'autre sens, rien n'est tolérable. C'est ce dont les masculinistes ont peur. Faut les choquer maintenant.
