"Thelma et Louise, L’émancipation par la sororité"

Callie Khouri, la scénariste du film, oscarisée

La singularité de ce duo est tant dans sa dualité que dans sa perméabilité. Thelma, à l’innocence blessée, ayant une confiance éperdue en l’autre, cumule les maladresses. Enivrée par sa propre audace, son ingénuité désarmante s’efface pour finalement prendre les armes au sens propre. Quant à Louise, elle s’impose d’abord par son allure dominatrice, voire arrogante. Au fil des embûches, aux côtés de son amie, elle laisse découvrir ses failles pour exposer une vulnérabilité cachée. Les deux sœurs de cœur, aux visions différentes de la vie et aux caractères opposés, se complètent dans l’adversité.

Ce scénario révèle une arche dramatique intense. Thelma et Louise se dépouillent peu à peu de ce qui faisait leur vie : carcan sociétal, contraintes maritales, et même leur argent. Elles (re)prennent ensemble le contrôle sur leurs corps et leurs apparences. Geena Davis abandonne son déguisement de femme au foyer soumise quand Susan Sarandon échange ses effets personnels contre un chapeau Stetson. Elles vivent un retour à l’état de la femme sauvage sans artifices. S’affranchir des règles imposées par le patriarcat contribue à leur accomplissement personnel. Dépassant le cadre d’un film ayant pour thématique la solidarité féminine, les héroïnes explorent pleinement ce voyage tout aussi intérieur.

Thelma Et Louise. Le font pour nous -

"Le machisme punitif déguisé en agent de police"

Arte-Depuis le documentaire Thelma Et Louise

« Vous reprochez au cinéma de therapie et Louise de véhiculer la violence, le féminisme toxique et d’en faire des héroïnes ? Mais Tarantino, Scorsese, Coppola, véhiculent des monstres au de la de la violence, de la justice de soi depuis des decenies et 40 ans après le film ».

Ils tuent dix fois plus, et toute leur vie, et pas forcément pour leur justice.

Mais ce qu’elle disent elles c'est : ils ne nous auront pas, on continue notre route. Évidement faut croire un peu en un truc si on pense que la route peut continuer après la mort.

Dans thelma et Louise ils sont trois à mourir.

ET LE TRUC DANS TOUT ÇA : elles se déclarent coupables ou perdues, ou laissent tomber ou savent qu’ils les tueront mais se tuent elles-mêmes.

Je ne me souviens pas d’un cow-boy tueur bousillé par la culpabilité dans un film qui finit par se tuer et se rendre en général.

Donc le movie a bien vieillit, au-delà du temps et du côté plouc. On est dans une air de masculinisme gras, lourd et violent. Thelma ou Louise, je suis un peu les deux, un peu molle, un peu bourrée, les cheveux propres. Je sais pas me servir d'un flingue, ni d'un pistolet, j'ai personne à fuir, à part un passé. J'ai pas de Cadillac, ni de pognon pour aller sur la route 66, je suis incapable de tuer pour me défendre ou de me tuer pour me protéger. Mais elles, elles le font, pour moi.

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by sens

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