



Kourtney Roy
Une exposition avec des messages analytiques sur le monde digital, aux doigts pressés d'aller eux mêmes dans les pays à la mode ou démodés.
Kourtney Roy expose des photographies qui expriment un système touristique entre vide, temps passé, sur-consommation du siècle dernier et actuel narcissisme. Vide et remplissage donc.
Ça remplit des têtes vides
Faire le tour du monde, découvrir l’Amérique déjà découverte depuis un bail, voir l’herbe plus fraîche ailleurs est un dada communs et bien connu, on change pas. L’être humain ne change pas.
On est d’accord avec elle.
Sur son art, l’engagement écologique et social est moins clair que son esthétisme parfait. Ses photos sont fortes, vintages et incroyablement modernes. Elle connaît sa palette de couleur.
Personne ne voit des influenceuses qui se prosternent mais une photographie moderne, ancienne et profonde.
On voit aussi la superficialité et l'esthétisme choisi d’un personnage, assumant sa perruque, ses ongles qui arrivent aux chaussettes, un mannequin androgyne qui pose dans des remorques à touristes ultra colorés, parfois impersonnelles, parfois ultra sexy et parfois vide, dénaturalisés mais nostalgique. Que ce soit en 1966, en 1994 ou en 2026, qu'est-ce qu'on est allé chercher là-bas ?
On comprend aussi l’esprit des années 60, où l’empreinte carbone pète les plombs, les stations balnéaires avec. Avec, des tonnes de bouées en plastique, de glacières pleines de sandwich et de déchets qui traînent fabuleusement partout sur la plage, des croisières et leurs paquebots bien plus gros que Titanic et Manhattan avec ; et personne n’est découragé.
On comprend les années 90 avec, le côté Barbie, le plastique encore plus présent à l’époque, des congés payés enfermés derrière les barreaux d'un bateau surpeuplé, face au vide et la pureté d'un océan. De la ferraille et du plastique au pieds, dans les tee-shirts, des seaux et des pelles pour le sable, des cannettes et des industries qui ont cramé les usines a gaz et plastoc, dans leurs idées de barres chocolatés, de céréales, de produits surgelés et d’hyper-ultra-marchés. Je me demande pourquoi la sucrière de Marseille qui embauchait tout le monde, a fermé.
Mais je vois des lieux qui font du bien, des moments de pause, d'escapades, de prise de risques parce qu'on ne connait pas l'endroit où on est puisqu'on est perdu, paumé, mais ça fait du bien. Des endroits déserts qui vident la tête, arides, espacés, un soleil carabine. Là où on a besoin de couleurs fluo, on porte le brushing haut, le vernis pop. On se sent bien, on est nous-même et plus personne, au bout du monde.
Finalement on intellectualise beaucoup trop. Je ne voit que des photographies géniales, belles.
Cité de l'Économie- Paris 17
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by sens
