Expos partout
On passe par là, on voit des trucs


Les terrasses ne se ressemblent pas toutes
Certaines vous ramènent en 1900. Donc. Si tu entres dedans, un homme en noir et blanc de travail, une moustache aiguisée te demandera avec charme ce qui te ferait plaisir tout en nettoyant un verre avec un linge blanc.


Suis passée dans l'entrée d'une piscine à Paris. Il restait des vielles chaises jaunes des années 80
J'ai bloqué dessus 5 secondes mais j'ai eu le temps d'imaginer ma serviette rose, verte et bleue, ma gourde rouge en plastique bien épaisse et un goûter que ma mère à oublier de mettre dans mon sac à dos rose.
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Je me suis assise dessus, j'ai essayé d'attendre ma famille, ma serviette sur mes genoux, je regardais les gens, ils faisaient du bruit, ils savaient pas où aller non plus. Une mère criait sur ses enfants, y'en a un qui avait perdu une de ses tongs. J'ai attendu encore un moment si je voyait des têtes connues et attendues. J'avais envie de Kinder, j'avais envie d'une barre chocolaté entre dans un morceau de pain. Les carreaux par terre étaient abîmés, mes pieds les touchaient pas, mes sandales blanches en petit cuir se balançaient avec impatience. Ils sont où ? J'entendais pourtant la voix de Mémé. Mais je les voyais pas, je me suis demandée si j'attendais au bon endroit.
Je suis sortie finalement, terrorisée, j'ai poussé la porte, seule, le poids du monde. J'ai regardé à gauche à droite, ils n'étaient pas là non plus.
Je suis partie.
by sens
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On passait par là, on se baladait et cette galerie sous nos pieds est passé par nous. On cherche toujours le secret d'un art. Parfois on arrive à comprendre l'artiste, mais ici on va se contenter de ce que disait les tableaux de cette galerie.
Nous n'avons pas eu l'occasion de parler à l'artiste, sinon mon père l'aurait questionné sur absolument tout son CV. Donc on regardait et on voyait ce qu'on aurait pu ressentir.
Personnellement je les vois comme des formes de blessures, des morceaux de peaux, vers le corps, vers une émotion beaucoup trop forte pour cicatriser.
D'autres vont mieux et se transforme avec la blessure, change de couleurs, cicatrisent vraiment mais autrement.
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L'ATELIER GALERIE REGARD'D
Denise Jensen, artiste peintre.
Montée du Tricot, Grignan




Et une dame, chapeau noir avec une voilette, finirait son thé et son croissant dans une porcelaine parfaite. Pas une de ces tasses transparentes horribles qu'on trouve dans les stations de ski. Et puis un autre homme, accompagné d'un collègue en costume trois pièces, un tweed grège qui regarderait sa grosse montre en or sortie de sa petite poche contre son ventre. Deux hommes aussi sont au bar. Ils parlent fort. Ils sont en tenue de travail. Ils sont artisans dans le meuble en bois. Leur atelier est au fond d'une jolie allée. Ils sont entrains de retaper le buffet de MeLorraine. Dans le 11 et 12 eme arrondissement, c'est très connu. Tous les meubles viennent de la. (C'est vrai). Toi tu es à une autre petite table, près de la fenêtre. Avec une longue jupe encombrante, un corset et des gants noirs. Superbes. Tu attends ton petit café même si pour une femme ça ne se fait pas d'en boire. Et tu regardes ce petit monde du passé. Tu profites.
by sens
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Au Portugal
Ce qui fait qu'il met son costume tous les jours quelle que soit sa journée
Est la même raison pour laquelle je porte mon rouge à lèvres tous les jours quelle que soit ma journée


photos by sens
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Te suffis de pousser une peu les grosses couches de goudron coulé là. Ça m'étonne pas, j'adorais éclater les bulles noires quand elles chauffaient au soleil. Petite je me mettais à croupie et avec l'index, je les écrasaient. La sensation est folle.
Ma soeur disait rien, ne trouvait pas ça bizarre. Et là, tu vois des pavés. Peut être super ancien, super précieux....du faubourg saint Antoine. Tu écartes et tu vois l'histoire. Tu vois ses poumons bien vifs et veineux. Ça raconte des trucs et tu entends les sabots.
Ils font un boucan pas possible. T'en as ils préfèrent le goudron lisse, gris qui puent le neuf et le superficiel. Mais je crois que si on écarte encore un peu le goudron, on verrai mieux les pavés. Les poumons. C'est quand même beaucoup plus beau. On peut y mettre autant de couches qu'on veut. Maquiller autant qu'on veut. Ça glisse peut être mieux. Mais les pavés c'est plus beau. C'était tel -quel. Authentique. On sait d'où ça vient. Ça a mis du temps à poser. Et puis, «À ne pas connaître son histoire on se trompe d'historique ». C'est mieux qu'on voit les pavés.
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by sens
Vous voyez même pas quand c'est trop
Quand on veut pas
Elle essaye de bloquer, tu sens qu'elle crispe. On est dans un métro. D'habitude je regarde personne, sauf les chaussures sales. Mais là j'ai le nez qui s'est dressé. Le gars parlait à une fille.
Il voit rien.
Il voit même pas l'envie, la rencontre, le feeling, il s'en tape.
Il voit pas la gêne, le dégoût, le pas-envie. Il parle il est dans son envie à lui. Je crois qu'en fait il voit toute sa gêne et il adore ca.
Ça comprend pas qu'elle sait plus comment s'en défoutre
Qu'elle pourra pas s'en defoutre.
Elle a envie de descendre, elle veut pas lui parler et lui il est bourré et perdu. Il lui parle comme si qu'elle en était heureuse. Mais il sait très bien ce qu'il fait. C'est pas un clodo, un pauvre gars, c'est un connard.
Le mec fait tomber son téléphone par terre il est mort de rire, t'avais deux mémocs qui voulaient l'aider mais attention le covid il lance des flammes
La goss se colle à moi.
Je sens ses tripes aller dans les miennes
Ils sont tous les deux dans le métro Ils sont tous les deux dans la merde.
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by sens
Everywhere
Morceaux
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Je l'ai trouvé par terre. Abandonnée. J'étais fascinée par ces trucs là. Plus j'en avais plus j'étais bien. On m'appelait la discothèque au lycée. J'écoutais NRJ ou Fun Radio, on captait rien d'autre. J'enregistrais dès que je pouvais. Enfermée dans une chambre. Abandonnée. Je voulais la ramasser mais un pépé derrière moi me regardait.
J'aurais dû la ramasser et voir si elle savait encore chanter.
Le chat est toujours là. Fatigué. Il dit bonjour tous les jours. Il miaule toujours aussi. Il n'essaye pas de plaire et surveille son sommeil. Ses siestes sont longues et poussiéreuses mais ne tirez pas sur sa queue. Ça réveille la maison.
Une fois le salut effectué, passez votre chemin et pensez à lui. Ne vous inquiétez pas, vous reviendrai demain.
SIT AND WAIT
J’comprends pas que vous compreniez pas. Les terrasses c’est pas n’importe comment. Déjà il faut qu’elle soit animée mais pas bruyante. Les chaises doivent être en cannage parisien et pas en plastok comme chez les beaufs. Ensuite il faut que la lumière soit bien, la température n’est pas un problème si on est isolé sans l’être. Faut être face à la rue. N’allez pas chercher le face à face ont est pas chez les beaufs.
Commandez ce que vous voulez mais au moins pensez que vous y resterai pendant au moins deux heures. On reste pas un quart d’heure le temps d’avaler un café et mémé dit « bon on va se balader? » on est pas chez les beaufs.
Qu’est ce que c’est que cette histoire de se balader ? J’me balade moi ?
Gardez vos culs posés, clope à la main « qui va la finir artistiquement », les jambes croisées et le nez en l’air.
Regardez parfois à gauche à droite et faites ce que vous voulez tant qu’autour de vous voyez ce qui se passe.
Faites des bilans sur la vie, mais surtout soyez bien.


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