Mon ex masculiniste

Les femmes veulent prendre le dessus ?

J’ai entendu ça d’un « ex » : « je suis misogyne parce que vous voulez prendre le dessus ». Ce type a pas fait long dans ma vie, on s’était déjà fréquenté des années plus tôt. Il était plus jeune, plus calme, plus beau. Moi aussi.

Mais on se revoit donc des années après en 2024, il est en colère, tout le temps. D’abord ça venait de son ex, qui était évidement folle. Au début, je me suis dit qu’il y a une marge, que les mal-entendus existent, que les femmes violent aussi, sont parfois violentes aussi et le connaissant « bien », je sais qu’il n’a pas le droit de se servir de sa corpulence, il fait 1m90, et de large aussi, il a un corps sublime, mais il ne sait pas s’en servir. Il fonce comme un ballon au grès du vent, mais il a jamais compris a quel point il était beau et comment marcher avec. Il se déplace comme un garçon qui a perdu son chemin. Je l'aimais bien pour ça. Je trouvais ça cool qui avait autant besoin d'être rassuré.

Avec le temps il a développé un narcissisme bizarre, coincé, obsessionnel. Et en même temps pas un seul jour ne passe sans qu’on lui parle de ce corps. « Hulk », « Immense », « T’es balaise », « Baloo » etc. Une fois même en Thaïlande un groupe s’était affairé autour de lui, lui demander des photos. Une fois en terrasse, une jeune femme lui a dit "t'es beau, tu ressembles à Baloo !" Elle l'a pas lâché pendant des plombes, lui parlant de son corps, comme d'un don ou d'une maladie. Je parle de son physique, parce qu'apparement, le corps chez les masculinistes c'est central. Problématiquement central. Mais avant cette année là, je ne l’ai jamais vu énervé, je ne l’avais jamais vu en colère même verbalement. Et la violence quelle que soit ton corps, si tu l’as en toi, tu finis par l’utiliser éventuellement, que tu es le corps d’une crevette ou d’un ours.

Moi je faisais partie des femmes, qui se disent « Les Tony Soprano, ça rassure, ça protège et ils font justice eux-même, comme moi j’aimerais le faire ». (article apprivoiser la mort) - Mais pour Tony, il l'utilisait pour le pouvoir et la domination et pas toujours pour la justice. J'imaginais plutôt un type qui s'en sert uniquement comme défense. Mon ex pouvait être l’extension que je n’osais pas être moi-même. (vus encore dans d'autres de nos articles).

Parfois ça doit exister ce type de mec, qui protège vraiment et ont une sorte de justice en eux romantique, ils te connaissent par coeur, ils connaissent vos secrets et les protègent. Caissy dans Yellow Stone, Kevin Cosner, ou l’immense Spencer dans 1923. Dans la vraie vie, je n’ai pas encore rencontré ce type d’homme. Et mon ex ne l’était pas non plus.

Donc on s'est rencontré en 2014, et on essaye de se revoir en cette année 2024, il me parle direct de cette ex qui vient de lui foutre un procès et lui retire la garde du fils qu’ils ont eu ensemble pour violence conjugal. Comme j’ai dit avec bonne foi, « je le connais et les femmes violentes existes ». Je ne dis rien, je ne le soutient pas non plus, j’écoutais. Au fur et à mesure des 5 rendez-vous qu’on a fixé c’était une descente évidente dans les enfers d’un viel ami qui a viré masculiniste, qui raconte en boucle son affaire qui finalement "comporte des éléments", des moments ou tu te dis "mais qu'est-ce qu'il va pas bien lui" ?..et un turn-over où finalement, il lui a arraché les cheveux, finalement c'était juste trois cheveux, finalement c'était qu'un morceau de chair entier, un coup il se défendait avec sa preuve magique "qu'il avait plus d’ITT qu’elle" et finalement "il a rien a se reprocher", un coup sa mère buvait c’est normal "c’est une famille de fou", un coup les frères de la fille l’ont menacé avant qu'il arrache les cheveux de son ex, un coup son ex l'a griffé de partout il a du se défendre, un coup il avait rien fait du tout, un coup ses frères l’ont menacé sans essayé de le frapper et puis après il l'ont tapé on sait plus, un coup il s’est énervé il a trainé son ex par terre en arrachant donc un bout de crâne finalement, une fois c'était parce qu'elle s'est mise à le griffé,à s'acharner sur lui, alors la tension est monté et hop, plus de tif. Cette partie, j'y crois. Mais après il dit "oui je les ai insulté de tout je m'arrêtais plus", un coup il veut la tuer parce qu’elle lui a retirer son fils après tout ca, un coup c’est une pute, un coup elle a fait ça parce qu’elle est amoureuse de lui, elle lui a fait ça parce que lui ne veut plus être avec elle. Je suivais plus le quoi du qui.

Théorie de ses morts, très classique et subsidiaire de tous les mecs accusé de violence. "Elle a pas supporté que je la quitte alors elle se venge".

Dans les faits ok, les zinzin femmes et hommes existent, ils font des trucs sans logique. Je crois pas une seconde qu'une femme ne puisse absolument pas être violente. Je le souhaite même. Je crois qu'on ne l'accepte pas aussi bien que les hommes, par contre. Mais combien de femmes portent plainte contre un ex qu’elle veulent récupérer ? Moi ok, j'essaye de prendre acquis la théorie. M’enfin au bout de quelques années de vie sur terre, on se dit que rien ne va dans ce qu'il dit sur cette partie.

Une étude largement diffusée de Stephen DiCanio (1993) est souvent citée comme suggérant un taux de 2 % à 10 % d’allégations de viol fausses confirmées.

(Nrl : Google Gouvernement Ministère de La Justice)

Je ne serais jamais la version de l’ex de mon ex.

J’ai su par contre, avec tous les témoignages du monde, entendu en podcast, en vrai, en consultation, que jamais je n'ai entendu une fille, une femme, une go, une meuf dire « j’ai pété un plomb, j’ai porté plainte pour violence parce qu'il m’a quitté ». Dans un moment d'égarement, elle aurait pu se confier et même se confier en consultation de bonne foi, "j'ai pété un plomb, il m'a quitté alors je me venge". Pendant les décennies que j'ai été sur terre, je n'ai jamais vu, entendu, une femme se venger de cette manière et aussi grave. Jamais. vous me direz.." ni dans un livre, ni dans un film, ni à la radio, ni dans ma vie. "mais elles vont pas te le dire". Détrompez-vous, les femmes parlent, la détresse parle, la culpabilité parle, chez les hommes aussi. Les gens se trahissent dans leurs manières d'être et de se dire les choses. Les mythomanes se dévoilent si on fait attention. Je pense, que s'il y avait autant de folles et de menteuses vengeresses, je l'aurais reconnu, on l'aurait reconnu. BECAUSE : on est tous un peu misogyne intégré. On a tous et toutes été colonisés par les croyances et le fait que c'est la honte de porter plainte. C'est gênant, long, cher.

J’ai lu une fois « j’ai vécu 7 ans avec lui, c’était créscendo, la violence s’est accumulé, on a eu des enfants au début quand tout allait bien. La violence s’est installé en lui comme une jalousie après les enfants, comme quoi je ne m’occupais plus que de lui, on prend moins le temps pour les diners, les sorties, il est devenu triste au début, après y'a eu des phrases blessantes, j’ai pensé qu’il avait le droit a s’adapter aussi comme il pouvait dans la paternité. D’un papa-blues, pourquoi pas. On a eu quelques mois après "ce supposé papa-blues", c'était très bien, on était amoureux, il était merveilleux, cool, on rigolait, on s’aimait quoi ! Et puis ça a recommencé après un voyage sublime en Italie, la situation de famille n’était pas le problème, il ne cherchait pas "maladroitement sa position en tant que père et mari", il ne voulait pas de nous, c’était moi le problème, c'était aussi les enfants. J’ai essayé de les faire garder, faire un lien avec eux, l’obliger a aller les chercher à l’école, manger seul avec eux, qu’il se connecte ! Des fois ca allait, Des fois non.

Les coups ont commencé. 3 ans entre les grossesse de haut et bas, les coups d’un seul coup, j’ai rien compris. C'étais toujours de ma faute, parce que je demandais "trop", d'un rangement ou de faire la vaisselle, ou d'aller chercher un des mômes à l'école parce que j'avais une réunion. Le soir devant les enfant ça tombait, il me mettait par terre ».

Son mari s’en va après plusieurs plaintes de sa part aux flics qui sont allé le voir une fois, le mari dit « elle est folle, obsédée par ses enfants, les flics disent « ok ».

Pendant 4 ans elle porte plainte 9 fois. Il l’a menace de se tuer, il profite d’un médecin qui le soutient lui, il profite de sa famille et d’une belle mère qui dit à sa fille « tu sais pas faire avec les hommes, c’est à toi de tenir ton foyer ». Elle s’en va 5 fois du foyer, il tente de se tuer, elle revient trois jours le calmer et partir en douceur. Les autres fois, il revient la « défoncer, il me donne tellement de coups que j’était plus là ». Je laisse mes enfants chez une amie, parce que ma mère finissait par les redonner à leur père.

La dernière fois qu’elle part, elle revient après un moment « les coups ont été tellement forts qu’elle est resté stone ». Les flics récupèrent les photos, les plaintes, les rapports des médecins. Mais une flic lui « mais pourquoi vous restez ? » Un autre lui dit « il fait juste un phase si vous êtes obsédé par vos enfant aussi, il le prend mal c’est normal ». En l’écoutant on sent bien qu’il n’y pas d’obsession, les amis ou la famille témoignent, qu’il n’y aucune obsession, qu’elle l’a jamais délaissé le mari pour eux etc etc mais bon ; on est pas avec eux, on a pas de caméra pour être sure. Mais on suppose que bon, les coups elle les mériterait.

Elle est encore obligé de laisser les enfants au père un week-end sur deux, les enfants détestent ca. Le mari les prend, lui même n'en voulait pas mais c'est le seul moyen de pression qu'il a sur la mère.

Ils ont besoin de ce sentiment de puissance, ce truc de propriété, de se venger sur les femmes qui sont reléguées derrière eux depuis toujours. Cette croyance des morts.

Restez j'ai pas fini.

Mon ex j'ai fini par le bloquer, après une soirée. Je ne sais pas s'il serais capable de ne plu jamais arracher les cheveux, insulter des tous les noms, se maitriser face à une femme. Je ne sais pas s'il mérite de ne plus jamais revoir son fils. Parce que je sais et j'ai vu qu'il ne souffre que de ça. Mais ce soir là, pour moi, entre nous, je suis allée le chercher en bas de chez moi. Je voulais juste qu'il passe boire un verre sans proposer quoi que ce soit de sexuel, je l'avais prévenu que je ne voulais plus m'engager sexuellement sans le vouloir absolument et qu'on ai de véritables sentiments l'un pour l'autre. Malgré les quatre autre fois où on s'est vu, ou c'était extrêmement pénible, je voulais voir ce soir là, si je retrouverais la vérité, si je retrouverais des sentiments, si je pouvais m'amuser avec lui dans le dialogue, si la séduction qui n'est jamais venue cette année pouvait aussi revenir, si je trouverais le mec d'avant. Mais ce soir de septembre 2024, il voulait acheter de l'alcool, on y est allé, en revenant, deux anglaises, selon leur culture, était habillées très sexy pour sortir. Mon ex n'a pas retenu sa langue et les a agressé devant moi, "Vous croyez aller où comme ça les filles ca va ?" Il a ajouté, "faut pas qu'elles s'étonnent si elles se font violer." Elles n'ont rien entendu, elles parlait en anglais bien fort, je les ai regardé, au cas elles auraient compris ou vu qu'un connard les agressait que je puisse les soutenir, entre ma sidération et ma peur de lui que je n'avais jamais encore eu.

On est monté dans l'ascenseur, ma stupéfaction et lui se calmaient pas, il était en boucle "qu'elles s'étonnent pas si elles se font agresser, vous les femmes vous vous plaignez mais vous vous habillez comme des putes, y'a des mecs ils ont la dalle". J'ai essayé de dire que rien ne justifiez le viol, qu'il m'avait choqué de les agresser comme ça, je lui ai redit "mais rien ne justifie un viol, quoi qu'on porte on est agressé, une petite robe ne change pas la malchance et c'est pas aux femmes de s'habiller en fonction des hommes violeurs". Bien sûre, on fait attention a soi, on peut prendre nous-même la décision de faire attention à tout. La tenue, les endroits où on marche, les heures où on marche. On peut apprendre la boxe, avoir un spray dans le sac. Mais si t'as fait gaffe à tout ca ou non, un mec il veut t'agresser, il veut te tuer, il y arrivera. Sauf si t'as de la chance, sauf si le mec trébuche sur peau de banane. Quoi qu'on porte, vous nous agressez. Vous nous parlez mal. Et toi, mon ex, mon Tony, tu agresses des femmes en bas de chez moi.

Ensuite je lui ai dit que je ne voulais pas qu'il reste, que j'étais pas bien. Qu'il me disait trop de bêtises. Il a voulu monter, je sais plus ce que j'ai dit, que j'était pas bien ? Sidérée. Mais je me suis dis, "Vas-y je le connais, il est pas fou, on va discuter, on va voir, il partira après une discussion. Mais je suis entré dans un mutisme. Je l'ai écouté repartir dans un enchaînement de déblatérions sur son ex de nouveau, sans aucune transition, aucun rapport avec les anglaises d'en bas. Il était en boucle.

Et puis d'autres moments me sont venus sur des discussions par messages, que "les femmes vous avez tout", "ne vous plaignez pas, une femme au smic et un homme au smic c'est pareil vous avez bien l'égalité c'est n'importe quoi de se plaindre" " "oui mais les violences c'est un tout petit pourcentage par rapport au monde entier" " mon pote moche comment il fait pour niquer ? Vous avez trop de standard maintenant, la misère sexuelle existe" " vous avez souffert avant ok, maintenant vous vous venger", "nous les hommes ont a la force, vous vous avez l'intelligence c'est normal que vous soyez perverses et nous on utilise la violence pour se défendre".

Je regardais à la fenêtre, un très grand chapiteaux rouge orange et jaune se mettait en place, des gros éléphants montaient et s'entrainaient sur des gros ballons rouges à paillettes, des lions s'amusaient à travers des cerceaux, je voyais les danseuses en costume argentés qui se balançaient d'un cerceau à un autre. C'était un joli cirque. (nrl : article à venir)

C'est un chemin de canalisation inévitable vers l'inverse du miroir, de l'inverse de la logique. On doit payer quelque chose de toutes façons.

Il regarde des vidéos d'Alain Soral, qu'il a raison "les hommes ont la violence, les femmes sont des sorcières manipulatrices". Logiques marketing imparables et fausses de ses potes sur Youtube.

Je suis fatiguée.

On revient au dernier jour où je l'ai vu. Pourquoi je l'ai revu alors, "il t'insulte toute la journée, il t'en faut plus ? Ben faut pas t'étonner". Ben écoute : j'ai été abusée tôt dans la vie. Très tôt genre. J'ai pris beaucoup de temps pour me déformater, m'éduquer de nouveau, remonter la bar du respect. Mais c'est pas un bouton sur lequel on appuie, et vous tous connards que vous êtes, vous pensez le monde comme un tableau Excel qui fonctionnerait à la demande. Non, les stigmates neurologiques sont fugaces, vicelardes. Mon ex je l'ai connu absolument pas comme ca, je sais aussi que je peux être de fort caractère moi même et ont m'a dit toute ma vie que j'étais trop méfiante ou jamais assez. La croyance que vous avez que les femmes battues sont toutes des grosses mollasses dénuées de gueule. Je souris bien, je suis quelqu'un qui dit bonjour avec les yeux.

Mais oui, j''ai essayé de le revoir, parce que je voulais m'amuser, parce qu'après, il s'est excusé souvent, longtemps, beaucoup. Parce que ce mec me ressemble sur nos blessures d'enfance et puis il était beau, cassé comme il faut, très intelligent, vif, drôle, il était généreux, il se souciait de comment j'allais tous les jours, il voulait que je l'aime, il voulait que je m'ouvre à lui. Il m'avait fait le tour de Paris une fois, il m'avait dit qu'il avait jamais "vu ca comme ca". Il voulait me donner tout ce que je voulais. Mais je crois qu'il voulait aimer, mais qu'il en est incapable.

Mais cette dernière soirée, j'ai mis un film, j'ai dit que j'étais fatigué pour qu'il parte, mais il m'a suggéré de coucher avec lui. J'ai dit non. Il s'est tourné en disant "ne t'étonne pas alors si je reviens plus jamais te voir".

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by sens

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